RAPPORT MONDIAL | Human Rights Watch lance aujourd'hui la 29e édition de son Rapport mondial annuel (version intégrale en anglais 674 pages – version abrégée en français 233 pages), examinant les pratiques en matière de droits humains dans plus de 100 pays au cours de l’année 2018. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Kenneth Roth affirme que la vraie nouveauté de l’année écoulée, ce n’est pas la continuation des tendances autoritaires, mais plutôt l’opposition croissante qu’elles rencontrent. Que ce soit au sein de l’Union européenne, aux Nations Unies ou ailleurs dans le monde, des coalitions d’États, souvent appuyés par des organisations de la société civile et par des mouvements de protestation populaires, résistent aux dirigeants populistes qui bafouent les droits humains.

FRANCE Le Défenseur des droits a demandé la suspension des lanceurs de balles de défense (LBD), une arme utilisée par les forces de l’ordre, qui a remplacé le "flash-ball". L’utilisation de ces armes dites de force intermédiaire est très critiquée ces dernières semaines après que de nombreux manifestants ont été blessés, parfois grièvement au visage, lors des rassemblements de « gilets jaunes ». En décembre, Human Rights Watch avait documenté des cas de blessures (y compris à la tête et au cou) causées par des tirs directs de ces projectiles en forme de balle en caoutchouc, tirés d'un lanceur spécial ; des brûlures et des blessures aux membres causées par l'utilisation de grenades lacrymogènes supposément non-létales contenant une petite charge explosive secondaire ; et un usage discutable de gaz lacrymogène pulvérisé avec des aérosols.

FRANCE / ARMES | Hier, le coup d'envoi a été donné pour une nouvelle commission parlementaire dédiée au contrôle des exportations d'armements, composée des députés Jacques Maire (LREM) et Michèle Tabarot (LR). L’objectif de cette mission d’information est de formuler des propositions en matière de mécanismes de contrôle parlementaire, en vue de mettre le parlement français au niveau de ses homologues européens.

RWANDA L’enquête judiciaire sur le meurtre du colonel Karegeya, un dissident rwandais retrouvé assassiné dans sa chambre d’hôtel à Johannesbourg, en Afrique du Sud, le 1er janvier 2014,  s’est ouverte hier, le 16 janvier, à Johannesbourg. Personne n’a été inculpé, et les principaux suspects ont fui le pays, mais le procureur en chef Yusuf Baba prévoit d’entendre 30 témoins, parmi lesquels les officiers de police qui ont enquêté sur l’affaire, et des membres du personnel de l’hôtel. Le risque de menaces, de disparitions forcées, d’arrestations illégales, de placement en détention et d’actes de torture qui pèse sur les dissidents politiques au Rwanda reste bien trop réel. Aussi l’enquête sur le meurtre du colonel Karegeya représente-t-elle un pas important pour la justice.

FRANCE / NUMERIQUE | Saisi de milliers de réclamations sur les difficultés rencontrées par les usagers face à la généralisation de la dématérialisation des démarches administratives, le Défenseur des droits publie un rapport intitulé « Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics », sur les risques et dérives de cette transformation numérique. La dématérialisation offre de nouveaux moyens d’accès aux services publics et permet de simplifier l’accès aux informations et aux documents administratifs pour une majorité d’usagers mais, si les facultés de chacun ne sont pas réellement prises en compte, elle comporte un risque de recul de l’accès aux droits et d’exclusion pour de très nombreux usagers.