Le Brief du Jour - 5 juillet 2019

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : La police tire à balles réelles sur les manifestants | GUINEE : Une nouvelle loi pourrait exhonérer les gendarmes de toute poursuite en justice | LIBYE : L'UE exhortée à agir pour protéger les migrants | GAMBIE : Marche contre la multiplication des viols | VENEZUELA : L'ONU dénonce un nombre extrêmement  important d'exécutions extrajudiciaires présumées

LIBAN | L'armée a fait démolir une vingtaine d'abris de réfugiés début juillet, sous prétexte qu'ils ne respectaient pas les règles d'urbanisme, en vigueur depuis longtemps mais que personne n'applique. C'est l'un des derniers exemples en date des nombreuses pressions exercées sur les Syriens pour qu'ils repartent. Parmi ces pressions figuraient déjà les arrestations, des déportations et la fermeture de magasins, en plus des restrictions imposées depuis longtemps aux réfugiés : couvre-feu, expulsion, obstacles à l'éducation et au travail. 

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : Des policiers ont tiré à balles réelles, tuant une personne, lors d'une manifestations de l’opposition le 30 juin 2019. Le gouvernement a affirmé qu’il avait légalement interdit les manifestations. En vertu de la Constitution congolaise, les organisateurs de manifestations politiques doivent informer les autorités administratives locales par écrit et à l’avance, mais ils n’ont pas besoin d’autorisation préalable. Le motif invoqué par Ngobila pour interdire la manifestation n’avait pas de base légale, a déclaré Human Rights Watch.

GUINEE : L'Assemblée nationale a adopté le 25 juin 2019 un projet de loi relatif à l'usage des armes par la gendarmerie. Cette loi établit plusieurs justifications de l'usage de la force – notamment pour défendre des positions occupées par les gendarmes – sans souligner clairement que les armes à feu ne peuvent être utilisées que lorsqu'existe une menace de mort ou de grave blessure.

La note explicative qui accompagne la loi souligne également la nécessité de protéger les gendarmes qui ont recours à la force contre des poursuites en justice revanchardes, ce qui suscite des inquiétudes sur la possibilité que la loi puisse être invoquée pour empêcher la supervision des responsables de l'application des lois par le système judiciaire.

« Alors que la tension politique monte à l'approche de l'élection présidentielle de 2020, la dernière chose dont la Guinée a besoin est une loi aux termes vagues qui semble donner aux gendarmes le pouvoir discrétionnaire de décider de recourir à la force létale », a déclaré Corinne Dufka, directrice pour l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch.

LIBYE : Alors que le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé une enquête indépendante sur l'attaque perpétrée à Tadjourah le 3 juillet, l'Union européenne est pointée du doigt pour ses responsabilités et son inaction dans la réalisation de cette tragédie. La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a également vivement condamné mercredi ces frappes aériennes sanglantes contre le centre de détention de migrants, une attaque susceptible, selon elle, de constituer un « crime de guerre ». 

Mais la Commission européenne a rejeté les appels lancés par l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de mettre un terme au retour des personnes sauvées en mer vers la Libye ravagée par la guerre. 

Les garde-côtes libyens, formés et partiellement financés par l'UE, avaient envoyé 108 personnes à Tadjourah quelques jours seulement après l'explosion d'une autre bombe près de l'installation, début mai.

GAMBIE : Une semaine après les révélations de Human Rights Watch sur la prédation sexuelle de l'ancien président Yahya Jammeh, la société civile gambienne se mobilise. Toufah Jallow, qui accuse publiquement de viol l'ancien dictateur, est la figure de proue de ce mouvement, #IamToufah, lancé conjointement avec l'association gambienne des droits de l'homme TANGO. Plus d'une centaine de personnes ont défilé ce jeudi 4 juillet sur Kairaba avenue, avant de se réunir pour des prises de parole.

Une foule mixte, de tous âges et à l'unisson pour dénoncer les agressions sexuelles en Gambie. « Non, c'est non », « Notre corps, notre choix », ou « Plus jamais de viol », tels étaient les slogans entonnées par des manifestants déterminés à se faire entendre. Jerreh Badjie, cofondateur du mouvement #IamToufah, est satisfait de la mobilisation

VENEZUELA : Un rapport du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme fait état d'un nombre «extrêmement élevé» d’exécutions extrajudiciaires présumées. Le gouvernement vénézuélien, qui se réclame de l’héritage du défunt président Hugo Chavez, a mis en œuvre une stratégie «visant à neutraliser, réprimer et incriminer les opposants politiques et les personnes critiquant le gouvernement» au cours des dix dernières années, accuse Michelle Bachelet. Le rapport indique qu’en 2018, 5 287 personnes ont été tuées pour «résistance à l’autorité» au cours de ces opérations de sécurité, selon des chiffres «fournis par le gouvernement» vénézuélien. 

Le gouvernement vénézuélien a aussitôt réagi en épinglant ses «innombrables imprécisions, erreurs, décontextualisations et fausses affirmations». Le texte, affirme-t-il, n’offre qu’une «vision sélective et ouvertement partiale» de la situation des droits humains au Venezuela.