Le Brief du Jour - 11 juillet 2019

ONU : Appel pour que la Chine cesse ses abus au Xinjiang | FRANCE : L'opacité des exportations d'armes | ARABIE SAOUDITE : Les pays qui se taisent sur le meurtre de Khashoggi risquent de se rendre complices de déni de justice | SOUDAN : Expulsion d'un couple depuis la France | EGYPTE : Des dissidents enfermés "indéfiniment" | PHILIPPINES : L'ONU adopte une résolution pour enquêter sur les meurtres liés à la "guerre anti-drogue"

PHILIPPINES : Le Conseil des droits de l'homme (CDH) des Nations unies a approuvé aujourd'hui une résolution initiée par l'Islande, par un vote de 18 contre 14, qui demande au Conseil des droits de l'homme de présenter un rapport complet sur les droits humains aux Philippines en juin prochain. La résolution exprime également sa vive inquiétude quant à l'éventail des violations des droits humains dans le pays et appelle le gouvernement à coopérer avec les mécanismes et les experts des droits humains des Nations unies.

"La résolution du Conseil des droits de l'homme sur les Philippines est une mesure modeste mais vitale ", a déclaré Laila Matar, directrice adjointe de Human Rights Watch à Genève. Elle marque le début de la responsabilisation pour des milliers de criminels et d'auteurs d'abus liés à la " guerre de la drogue " et donnera de l'espoir à d'innombrables survivants ainsi qu'aux familles des victimes.

ONU : Vingt-deux pays membres du Conseil des droits de l'homme (CDH) des Nations unies ont publié le 10 juillet 2019 une déclaration conjointe exhortant la Chine à mettre fin aux détentions arbitraires massives et aux autres violations à l’encontre des musulmans dans la région du Xinjiang, a déclaré Human Rights Watch hier. Dans cette initiative sans précédent, les pays appellent également la Chine à coopérer avec la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et les experts de l’ONU pour permettre un accès réel à la région.

FRANCE : La ministre des Armées, Florence Parly, a présenté ce mercredi le rapport 2018 des ventes d'armes de la France à travers le monde devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale. 

La France est le troisième pays exportateur d'armes, après les Etats-Unis et la Russie. Les exportations d'armement français ont bondi de 30% en 2018, pour s'élever à 9,1 milliards d'euros, avec pour principaux clients le Qatar, la Belgique, l'Arabie saoudite ou encore les Emirats arabes unis. Ces deux derniers pays étant impliqués dans la guerre au Yémen, ces exportations sont extrêmement critiquées par les ONG. 19 d'entre elles ont publié une lettre ouverte exhortant les parlementaires à exercer leur devoir de contrôle de l'action gouvernementale en la matière, dénonçant le risque que la France se rende complice de guerre au Yémen.

Hier, une nouvelle révélation du New York Times a embarrassé la France : des missiles américains ont été découverts par les forces loyales au gouvernement d'union nationale (GNA) en Libye sur une base des combattants rivaux du maréchal Haftar. Le ministère des Armées a reconnu qu'ils appartenaient bien à la France, en précisant qu'ils sont "hors d'usage" et devaient être détruits. La vente de ces armes au général serait en effet doublement illégale, en raison de l'embargo pesant sur la Libye et de l'interdiction de réexportation de ces armes achetées aux Etats-Unis. Cela soulève la question des liens entre la France et le général Haftar (accusé la semaine dernière d'avoir bombardé un camp de migrants, causant 53 morts) et de rôle de la France dans le conflit libyen.

ARABIE SAOUDITE : Agnès Callamard, Rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a rendu le mois dernier un rapport mettant en évidence la responsabilité de l'Arabie saoudite dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Alors que cinq accusés non identifiés sont passibles de la peine de mort pour ce crimes, de hauts responsables saoudiens n'ont pas fait l'objet d'une enquête ou d'accusations dans le meurtre brutal et prémédité de Khashoggi.

Dans une tribune du Washington Post, A. Callamard explique que, jusqu'à présent, il n'y a eu que peu de réponses internationales efficaces - juridiques, politiques ou diplomatiques - à cette affaire. Les Etats-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU "se rendent complices de ce qui est, selon toute apparence, un déni de justice".

SOUDAN : Un couple de Soudanais est menacé de renvoi vers le Soudan aujourd'hui. Ils avaient fui leur pays après avoir été arrêtés à plusieurs reprises et torturés pour avoir activement participé aux manifestations qui secouent le Soudan depuis décembre 2018. Leur demande d'asile est toujours en cours d'examen par les autorités françaises.

Amnesty France dénonce le grand danger auquel les soumet cette expulsion.

EGYPTE : Amnesty International a accusé hier l'Egypte de maintenir des dissidents en prison "indéfiniment", en les replaçant en détention de manière "arbitraire" malgré des décisions de justice en faveur de leur libération. Dans un communiqué, l'ONG reproche au parquet de la Sureté d'Etat de "contourner" les décisions judiciaires de libération de prisonniers "en les emprisonnant dans (le cadre) de nouvelles affaires fondées sur des accusations fabriquées, dans le but de les maintenir derrière les barreaux indéfiniment".

Le régime du président Abdel Fattah al-Sissi, au pouvoir depuis l'éviction par l'armée des Frères musulmans en 2013, est régulièrement accusé par les ONG de museler l'opposition, islamiste comme laïque. L'accusation «d'appartenance à un groupe terroriste» vise des partisans des islamistes mais également des défenseurs des droits humains. Le Caire nie systématiquement ces accusations et assure vouloir lutter contre le terrorisme et les risques d'instabilité.