Le Brief du Jour - 18 juillet 2019

CHINE : Des pays à majorité musulmane ignorent les abus commis au Xinjiang | SYRIE : Confiscation des biens des familles des suspects | FRANCE : Des policiers impliqués dans des affaires de violence récompensés par le ministre de l'Intérieur | LIBYE : Le soutien de l'Europe a contribué à maintenir un système de détention arbitraire des migrants

CHINE : Plus d'une douzaine de pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont signé une déclaration de soutien à la politique menée par la Chine au Xinjiang, en dépit de la répression généralisée à l’encontre des habitants musulmans de cette région, a déclaré hier Human Rights Watch. Cette lettre activement soutenue par le gouvernement chinois fait suite à une récente déclaration conjointe de 22 pays présentée au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, appelant le gouvernement chinois à permettre à des observateurs internationaux d’accéder sans entrave à la région du Xinjiang.

SYRIE : Le gouvernement syrien punit les familles de personnes placées arbitrairement sur une liste de terroristes présumés en gelant leurs avoirs, a déclaré Human Rights Watch mardi. Le gouvernement devrait mettre fin à cette forme de punition collective, fournir la preuve d'activités illicites des personnes ciblées, permettre à ces personnes de contester leur inclusion dans des listes de terroristes présumés, et de récupérer leurs avoirs, le cas échéant.

« À l’instar d’autres instruments juridiques, la Syrie utilise le décret 63 pour autoriser des pratiques abusives et arbitraires qui privent les personnes de leurs moyens de subsistance », a déploré Lama Fakih, directrice adjointe de HRW pour le Moyen-Orient. « Tant que ses lois et ses pratiques violeront les droits des personnes, la Syrie ne sera ni en sécurité ni stable », a-t-elle ajouté.

FRANCE : Créée en 2012, la médaille de la sécurité intérieure est « destinée à récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel (...), et à récompenser des actions revêtant un éclat particulier » comme le précise le décret du 28 mars 2012. Pour l’année 2018-2019, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a pourtant choisi d’honorer des policiers ayant commis des violences policières. En effet, le 16 juin, le ministre de l'Intérieur a médaillé un certain nombre de ses agents, parmi lesquels au moins cinq sont impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières.

Y figurent Grégoire Chassaing, le commissaire qui a notamment donné l’ordre d’utiliser les gaz lacrymogènes à Nantes le soir de la disparition de Steve Maia Caniço, mais aussi Rabah Souchi et sa compagne Hélène Pedoya, qui se sont distingués lors des opérations de maintien de l’ordre causant les blessures de Geneviève Legay, mais aussi Bruno Félix, qui fait partie des policiers auditionnés dans le cadre de l’enquête sur le décès de Zineb Redouane, survenu à Marseille après avoir été touchée au visage par des éclats de grenades lacrymogènes lancées dans son appartement le 1er décembre.

 

LIBYE : Dans un entretien au Monde, Vincent Cochetel, représentant spécial du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) pour la Méditerranée, évoque la situation des migrants en Libye et exhorte l’Europe à s’engager davantage.

"Il faut que le soutien de l’Union européenne et de ses Etats membres aux autorités libyennes soit conditionné à des améliorations tangibles de la situation. Aujourd’hui, il a permis de limiter les départs massifs vers les côtes italiennes mais, en même temps, il a contribué à maintenir ce système de détention arbitraire et systématique. Et on ne voit pas de résultat en matière de lutte contre le trafic des personnes. Des trafiquants notoires ne sont toujours pas arrêtés.

Or, on ne peut pas opter pour la politique de l’autruche. Quand les personnes sont interceptées par les gardes-côtes, elles restent deux ou trois heures dans les ports avant d’être acheminées dans des centres de détention qui sont des hangars sordides où les gens sont entassés. Les gens qui sont morts dans le centre de Tadjourah avaient pour beaucoup été secourus en mer."