Le Brief du Jour - 23 juillet 2019

SYRIE : Conditions de vie pour les familles des membres présumés de l'EI | SOUDAN DU SUD : Arrestation de Michael Christopher, une attaque contre la liberté de la presse | FRANCE : Nouvelle livraison d'armes à l'Arabie Saoudite | MEXIQUE : Le pays réduit les flux de migrants sous la pression des États-Unis | KENYA : Les citoyens se battent contre les exécutions extrajudiciaires de la police

SYRIE : L'Administration autonome du nord-est du pays - dirigée par les autorités kurdes - détient plus de 11 000 femmes et enfants étrangers liés à des hommes membres présumés de l'État islamique (EI, ou Daech), dans un camp clos installé dans le désert dans le nord-est de la Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Au moins 7 000 de ces enfants sont âgés de moins de 12 ans.

Les conditions de vie sont déplorables dans tout le camp d'al-Hol, qui compte 62 000 personnes de nationalité syrienne et irakienne dans ses principales sections, dont la plupart sont les femmes et les enfants d'hommes accusés d'appartenir à l'EI.

SOUDAN DU SUD : Le Service national de sécurité du Sud-Soudan a arrêté Michael Christopher, rédacteur en chef du quotidien de langue arabe Al Watan, sans inculpation depuis le 17 juillet 2019, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui

"La détention arbitraire de Michael Christopher est la dernière attaque effrontée contre la liberté de la presse au Sud-Soudan, a déclaré Jehanne Henry, directrice associée pour l'Afrique de Human Rights Watch. "Les autorités devraient immédiatement le libérer ou l'inculper d'un délit criminel reconnu."
 

FRANCE : Alors que la question de la vente d’armes à l’Arabie Saoudite fait largement débat, la discrétion continue à régner à Cherbourg sur la vente à ce pays de 39 intercepteurs HSI par les Constructions mécaniques de Normandie, pour un montant estimé à plus de 500 millions d’euros. Le premier navire sur les 21 qui doivent être construits sera mis à l'eau en présence d'une délégation saoudienne.

Des représentants des forces armées saoudiennes pourraient être du voyage. Des tentes ont été montées sur le port. Le bateau pavoisé a quitté les ateliers lundi matin, en attendant « la cérémonie privée » à laquelle la presse française n’est pas conviée.

Il est urgent que la France cesse d'alimenter les crimes de guerre saoudiens au Yémen et lève le voile sur ses échanges avec l'Arabie Saoudite.

MEXIQUE : « Nous avons réduit les flux migratoires de 36,2 % », s’est félicité Marcelo Ebrard, ministre mexicain des affaires étrangères, hier, date butoir du délai de quarante-cinq jours fixé par un accord signé, début juin, par Washington et Mexico. Le président américain, Donald Trump, se disait prêt à taxer de 5 % les produits en provenance du Mexique, qu’il accusait de laxisme dans la lutte contre l’immigration clandestine.

Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a accepté d’infléchir sa politique migratoire au profit d’une stratégie de contention visant à réduire les flux de clandestins qui traversent le pays pour se rendre aux Etats-Unis. Six mille militaires et policiers ont alors été déployés aux abords de la frontière avec le Guatemala, et 15 000 autres dans le nord du pays, multipliant les contrôles sur les axes routiers. Mais une crise humanitaire guette, et des voix se lèvent pour dénoncer une militarisation du Mexique.

KENYA : Depuis août 2018, au moins 21 jeunes hommes ont été arbitrairement tués par les forces de l’ordre dans des bidonvilles de l’est de Nairobi, la capitale du Kenya. Pour demander justice et faire pression sur les autorités, des groupes locaux documentent ces exécutions extrajudiciaires, souvent organisées depuis les réseaux sociaux par des agents de la police, qui n’hésitent pas à vanter leurs forfaits sur les réseaux sociaux, photos de cadavres à l’appui.

L’an dernier, des activistes locaux ont donc créé des "centres de justice" dans plus d’une dizaine de bidonvilles de Nairobi, notamment à Kayole, Dandora et Manthara. Ces centres permettent de recueillir des informations sur les meurtres arbitraires et de les signaler aux organisations de défense des droits humains.