Le Brief du Jour - 16 juillet 2019

ONU : La faim dans le monde continue de progresser | BURUNDI : Le chef des Imbonerakure nommé à la tête de la Radio télévision nationale | RUSSIE : Dix ans après le meurtre de Natalia Estemirova, la justice n'a toujours pas été rendue | LIBYE : Appel à la fermeture des centres de détention de migrants | CROATIE : Le pays doit cesser de renvoyer les migrants vers la Bosnie-Herzégovine | YEMEN : Condamnation à mort d'une trentaine de personnes | IRAN : Libérez Nasrin Sotoudeh ! | CANADA : Le pays va indemniser 718 victimes de quarante années de "purge anti-LGBT"

ONU : La faim dans le monde affectait 821,6 millions de personnes dans le monde en 2018, contre 811 l'année précédente, selon un rapport annuel publié lundi par plusieurs organisations de l'ONU qui déplorent une troisième année consécutive de hausse. 

Après des décennies de baisse, la sous-alimentation a repris de la vigueur depuis 2015, notamment à cause des conflits et du réchauffement climatique. Figurant parmi les objectifs de développement durable fixés pour 2030, la perspective d'un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation à cette échéance relève d'un "immense défi", note le rapport.

La sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents. En Afrique, près de 20% de la population est concernée. Ils sont moins de 7% en Amérique latine et dans les Caraïbes, et plus de 12% en Asie. 

BURUNDI : Human Rights Watch a dénoncé le 13 juillet l'entrée en fonction du chef des Imbonerakure - la ligue de jeunesse du parti au pouvoir que l'ONU a qualifée de milice -, à la tête de la Radio télévision nationale du Burundi (RTNB), l'unique média public audiovisuel du pays, à l'approche des élections de 2020. 

« La nomination d’Éric Nshimirimana à la direction de la RTNB porte un coup dur à toutes les victimes des abus perpétrés par les Imbonerakure, ainsi qu’à la liberté de la presse au Burundi », a déclaré Lewis Mudge, directeur Afrique centrale.

Par ailleurs, HRW revient sur dix graves affaires de violation de la liberté de la presse autour du monde, avec pour commencer le cas de Jamal Khashoggi.

RUSSIE : Dix ans après le meurtre de Natalia Estemirova, éminente défenseure des droits humains en Tchétchénie, les autorités russes n'ont toujours pas traduit en justice les responsables, a déclaré Human Rights Watch dans une déclaration conjointe cosignée avec plusieurs autres organisations russes et internationales de défense des droits humains.

« Nous attendons toujours que le gouvernement russe mène une enquête efficace sur le meurtre de notre amie et collègue, Natalia Estemirova », a déclaré Tanya Lokshina, directrice adjointe pour l'Europe et l'Asie centrale à Human Rights Watch. « L’inaction du gouvernement à l’égard de ce crime odieux est une tache sombre qui facilite la poursuite des violations des droits humains en Tchétchénie. »

LIBYE : Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne devraient lancer un appel clair aux autorités libyennes pour qu'elles ferment leurs centres de détention de migrants, ont déclaré le 12 juillet Human Rights Watch, Amnesty International et le Conseil européen sur les réfugiés et les exilés (ECRE). Les ministres de l'UE devraient s'engager, au nom des États membres de l'UE, à faciliter l'évacuation des détenus vers des lieux sûrs, y compris en dehors de la Libye et vers les États membres de l'UE.

Les gouvernements de l'UE n'ont jamais conditionné leur soutien aux autorités libyennes à la fermeture des centres de détention et à la libération des milliers de personnes détenues illégalement. Ils ont plutôt insisté sur le fait que l'aide humanitaire financée par l'UE permettrait d'améliorer les conditions de vie dans les centres de détention, en dépit de l'absence de preuves à cet effet. Et ils ont continué d'aider les garde-côtes libyens à renvoyer les personnes interceptées en mer pour les placer en détention indéfinie en Libye.

CROATIE : Human Rights Watch appelle le pays à "prendre ses responsabilités" et à cesser de renvoyer des migrants et demandeurs d'asile vers la Bosnie-Herzégovine. Le fait que le président ait récemment admis que des responsables croates sont impliqués dans ces refoulements oblige les autorités croates à enquêter et à demander des comptes aux responsables de tout acte illégal.

Human Rights Watch a découvert dans un rapport de décembre 2018 que les agents frontaliers croates appréhendent des migrants loin à l'intérieur du territoire croate, et les refoulent en Bosnie-Herzégovine sans procédure régulière. Dans certains cas, ils ont recours à la force, frappant les gens avec les poings, leur donnant des coups de pied et les obligeant à traverser des cours d'eau gelés et à lancer des gantelets entre les agents de police. Dans certains cas, la violence est dirigée contre les femmes et les enfants. 

YEMEN : Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit, vendredi, « profondément alarmé par l’application de la peine de mort » par un tribunal « des autorités de facto de Sanaa » qui a condamné mardi à mort 30 personnes pour « espionnage » au profit « de pays agresseurs ».

Ces 30 personnes ont été arrêtées par des membres des forces de sécurité et des comités populaires affiliés aux Houthis à divers moments en 2016. Elles ont été par la suite accusées en avril 2017 pour avoir participé à un groupe armé organisé dans l’intention de « perpétrer des actes criminels contre le personnel de sécurité et les comités populaires affiliés aux Houthis, tels que des attentats à la bombe et des assassinats à Sanaa ».

Le HCDH, qui plaide pour « un procès équitable et une procédure régulière », rappelle d’ailleurs avoir reçu « des informations crédibles selon lesquelles nombre des condamnés auraient été placés en détention arbitraire ou illégale ».

L"organisation Mwatana for Human Rights vient de publier un communiqué sur la situation en 2018 au Yémen.

IRAN : Une nouvelle condamnation à 33 ans de réclusion porte à 38 ans la durée cumulée des peines prononcées à l’encontre de Nasrin Sotoudeh, à l’issue de deux procès manifestement iniques. Nasrin, une éminente avocate iranienne spécialiste des droits humains, a consacré sa vie à la défense des femmes qui manifestent pacifiquement contre la législation qui impose le port du hijab en Iran.

Sa peine (assortie de 148 coups de fouet) est la plus lourde prononcée à l’égard d’un·e défenseur·e des droits humains en Iran ces dernières années, ce qui laisse à penser que les autorités renforcent la répression. Nasrin est séparée de son mari et de ses deux enfants et ne peut plus mener ses activités importantes en tant qu’avocate spécialiste des droits humains. Amnesty International appelle le guide suprême de l'Iran à la faire libérer et à annuler ses condamnations sans délai.

CANADA : 718 victimes homosexuelles de la «chasse aux sorcières» dans la fonction publique, la police et l'armée entre 1945 et 1996 - sur 3000 estimées - vont être indemnisées, rapporte en ce début de semaine la presse anglo-saxonne. Cette indemnité correspond à l'une des trois dispositions de réparation annoncées par le Premier ministre libéral Justin Trudeau en novembre 2017 lors d'un discours de repentance pour les décennies de discriminations mises en place par Ottawa contre les gays et les lesbiennes.