Le Brief du Jour - 22 juillet 2019

MIGRANTS : SOS Méditerranée repart en mer | HONG KONG: des débordements et des blessés après une nouvelle manifestation | GUINEE : Menaces pour les droits humains à l'approche des élections | ISRAEL : Des maisons jugées illégales sont détruites au sud de Jérusalem | IRAK : Crise de l'eau à Bassora | SYRIE : 18 civils tués par des frappes aériennes dans la région d'Isleb | FRANCE : Premier djihadiste renvoyé aux assises pour des assassinats en Syrie 

MIGRANTS : Les ONG Médecins sans frontières (MSF) et SOS Méditerranée ont annoncé hier avoir affrété un nouveau navire et faire cap vers la Méditerranée centrale pour reprendre leurs opérations de recherche et de sauvetage dans les eaux internationales, au large de la Libye. En décembre, ces deux organisations avaient renoncé à leur mission de secours dans un contexte de pression politique et d’entraves judiciaires alors qu’elles étaient venues en aide à près de 30 000 personnes depuis 2016 avec le bateau Aquarius. 

C’est donc à bord de l’Ocean-Viking, un cargo de 69 m de long et 15,5 m de large, que MSF et SOS Méditerranée reprennent leurs activités. Le navire bat pavillon norvégien et a quitté le port polonais de Szczecin jeudi 18 juillet, peu avant minuit. Dimanche soir, il croisait au large du Danemark. « Il nous faudra environ deux semaines pour atteindre la Méditerranée », estime Louise Guillaumat, directrice adjointe des opérations de SOS Méditerranée.

HONG KONG | Une nouvelle manifestation massive contre le gouvernement local pro-Pékin a dégénéré dimanche en fin de journée. Des dizaines de blessés sont à déplorer. Quelque 430 000 personnes seraient descendues dans les rues de Hong Kong dimanche pour protester une nouvelle fois contre le gouvernement local pro-Pékin, selon les organisateurs de ce rassemblement. 

Dans la soirée, la police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc pour disperser des groupes de protestataires, puis des gangs d'hommes armés de bâtons, de tringles métalliques voire de battes de baseball, vêtus pour la plupart de t-shirts blancs, ont fondu sur des manifestants anti-gouvernementaux qui rentraient chez eux.

GUINEE : L’an prochain, le bilan de la Guinée en matière de droits humains fera l'objet d'un examen approfondi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU dans le cadre de l'Examen Périodique Universel (EPU). Human Rights Watch a transmis hier au Conseil un rapport décrivant la situation des droits humains dans le pays et les domaines dans lesquels des progrès sont encore nécessaires.

Cet EPU  survient à un moment crucial. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en 2010, la Guinée a accompli des progrès significatifs en termes de renforcement de l'État de droit, en particulier en améliorant la supervision des forces de sécurité et en limitant le rôle de l'armée dans la mise en application des lois. Mais une crise des droits humains pourrait bien réapparaître au moment de l'élection présidentielle de 2020. Et alors que les manifestations en Guinée sont souvent violentes, le gouvernement a fait trop peu d'efforts pour décourager les violences d'État en menant des enquêtes sur les meurtres illégaux présumés et en poursuivant leurs auteurs en justice.

ISRAEL : Ce matin, les forces israéliennes ont entamé la démolition de maisons palestiniennes considérées comme illégales au sud de Jérusalem. Des dizaines de policiers et de militaires ont cerné au moins quatre immeubles dans la région de Sour Baher, et une pelleteuse a commencé la démolition d’un immeuble de deux étages inachevé. 

Le 18 juin, les autorités israéliennes avaient informé certains résidents du quartier de Sour Baher de leur intention de démolir leurs habitations, leur donnant trente jours pour évacuer les lieux. Les immeubles visés par l’ordre de démolition se trouvent dans un périmètre de sécurité où la construction est interdite, justifient les autorités israéliennes. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), cette décision concerne 10 bâtiments, dont la plupart sont encore en construction. Environ 350 personnes seraient concernées, selon l’OCHA.

IRAK : Pendant près de 30 ans, les autorités irakiennes ont échoué à garantir l’accès des résidents de Bassora à une eau potable en quantité suffisante, provoquant des problèmes de santé récurrents, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport rendu public aujourd’hui. Cette crise a culminé en 2018 avec l’hospitalisation d’au moins 118 000 personnes et une série de violentes manifestations. 

Les projets gouvernementaux de génie civil visant à améliorer la qualité de l’eau n’ont pas abouti en raison de la gabegie et de la corruption. Pendant des années, les agriculteurs et les entreprises ont exploité les canaux d’eau douce, détournant l’eau destinée aux stations d’épuration publiques de Bassora.

Ces défaillances violent les droits des résidents de Bassora à l’eau, à l’assainissement, à la santé, à l’information et à la propriété (terres et cultures), qui sont garantis par le droit irakien et international.

SYRIE : 18 civils, dont sept enfants, ont été tués dans des frappes sur la région d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits humains (OSDH) et une organisation de secouristes opérant en zone rebelle.

Parmi les victimes, Anas Dyab, photographe et vidéaste de 22 ans ayant collaboré avec l'AFP, a péri dans des raids russes sur la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb, a indiqué l'OSDH.

FRANCE : Le djihadiste français Tyler Vilus, arrêté en 2015 après plusieurs années passées en Syrie, a été renvoyé devant les assises par un juge d’instruction. Il devrait être jugé pour « meurtre en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste », pour des faits commis en Syrie. Il est aussi poursuivi pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « direction d’une association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Cet homme de 29 ans, fils de Christine Rivière, surnommée « Mamie djihad », a fait appel de ce renvoi, et il appartient donc désormais à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris de statuer sur la tenue d’un éventuel procès, a ajouté la source judiciaire.

Il s'agit du premier djihadiste français à être renvoyé devant les assises pour un assassinat en zone irako-syrienne.